Journée d’étude “données” – 07/03/14 :

Présentations de la Journée d’étude “Les données de l’Anthropocène : disponibilité, interopérabilité, visualisation” – 07/03/14 :

Première partie : Interopérabilité des données disponibles

♦ Introduction de la journée par Bruno Latour, François Gemenne et Aleksandar Rankovic : l’enjeu de partir des données et l’organisation de la journée.

♦ Claude Grasland (Université Paris Diderot) : Du local au global : aborder le problème des échelles et des données multidimensionnelles (Illustration à travers l’exemple des flux RSS des journaux)

♦ Table ronde 1 : Ce que les hommes font à la Terre animée par François Gemenne (CERI – Sciences Po)

♦  Marc Robert (Université Paris Diderot) et Avner Bar-Hen (Université Pais Descartes) : Les différentes « versions » du CO10h30-10h45 Aleksandar Rankovic (IDDRI) : L’aggrégation des gaz à effet de serre en tonnes d’équivalents CO2 (tCO2eq) et ses conséquences dans l’évaluation des trajectoires économiques des pays

♦ Sébastien Treyer (IDDRI) : Trajectoires et rythmes de transitions dans la gestion des ressources naturelles

♦ Nathalie Blanc (CNRS, Ladyss) : Projet de visualisation des données sur les réseaux associatifs impliquées dans la gouvernance des natures urbaines, approche comparative France-États-Unis

♦ Isabelle Dajoz (Université Paris Diderot) : Étude des pollinisateurs en milieux anthropisés : effet des ruches d’abeilles domestiques installées sur les toits de Paris 7 sur les abeilles sauvages dans le quartier alentour ; traces de l’anthropisation (métaux, isotopes du carbone et de l’azote) dans les insectes pollinisateurs sur un gradient d’urbanisation en Ile-de-France Discussion : Claude Grasland (Épreuve Territoires – Université Paris Diderot), Thomas Ribémont (Épreuve Risques – Université Paris Nord) et Marc Robert (Épreuve CO2 – Université Paris Diderot).

♦ Marc Robert – Figures de l’anhydride carbonique

♦ Table ronde 2 : Ce que la Terre fait aux hommes animée par Aleksandar Rankovic (IDDRI – Sciences Po)

♦ Daniel Boy (CEVIPOF) : Le CO2 dans les sondages sur les perceptions du changement climatique

♦  Jean Chiche (CEVIPOF) : Données et cartographies éléctorales

♦ Claude Jaupart (IPGP) : Bases de données géologiques

♦  Bénédicte Ménez (IPGP) : Séquestration géologique du CO2

♦ François Gemenne (CERI) : Climat, migrations et sécurité

♦  Stefanie Schütte (Université Paris Descartes) : Données épidémiologiques sur liens climat-santé (sous réserve)

♦  Aleksandar Rankovic (IDDRI) : Documenter les trajectoires de vulnérabilité aux changements climatiques. Discussion : Avner Bar-Hen (Épreuve CO2 – Université Paris Descartes), Daniel Boy et Jean Chiche (Épreuve Territoires – CEVIPOF), Edouard Kaminksi (Épreuve Risques – IPGP)

Deuxième partie : Visualisation des données

♦ Tommaso Venturini (médialab) : Par-delà quali et quanti : la navigation dans les paysages de données

♦  François Gemenne (CERI) – projection du film Exit, présentant les cartes animées issues de l’exposition Terre Natale

♦ Bruno Latour (Sciences Po) sur la représentation et les enjeux des changements de représentation

♦  Bilan collectif de la journée : avancées sur l’axe transversal consacré aux données, identification des axes de travail pour les épreuves, liens avec l’axe transversal science-politique

Journée d’études “Risques” et “Territoires” 27/05/14 :

Première partie : Présentations des axes « Territoires » et « Risques »

♦ Introduction de la matinée par Jean Chiche (Sciences Po) et Édouard Kaminski (IPGP)

♦ Nicolas Douay (Université Paris Diderot) : Le(s) territoire(s) des réseaux sociaux numériques : le cas des géo-référencements sur Facebook

♦ Sébastien Treyer (IDDRI – Sciences Po) : Le projet d’étude de la Plaine Commune

♦ Discussion collective sur les Gradients d’urbanité et de durabilité, animée par Jean Chiche (Sciences Po)

♦ Maud Devès (IPGP) et Marion Le Texier (Université Paris Diderot) : Médias et tremblements de terre : analyse de la période récente

♦ Jean-Christophe Komorowski (IPGP) et Claude Grasland (Université Paris Diderot) : Gestion, médiatisation et mémoire des catastrophes volcaniques de Monserrat et de la Guadeloupe

♦  Édouard Kaminski (IPGP) : La notion de zone critique vue par les géologues suivi d’une discussion collective

 

Journée d’épreuves “Risques” et “Territoires” 29/04/14

Épreuve « Risques » : La place de l’expertise dans la gestion et la perception des risques naturels : 

♦ Introduction de la demi-journée par Édouard Kaminski (IPGP) et Thomas Ribémont (Université Paris 13)

♦ Thomas Ribémont (Université Paris 13) : Discussion de l’expertise

♦ Maud Devès (IPGP) : La place des scientifiques dans la crise volcanique de Guadeloupe en 1976 : Quelles leçons pour la gestion des crises futures ?

♦ Sébastien Treyer (IDDRI-Sciences Po) : Retour d’expérience sur Fukushima

Épreuve « Territoires » Médias et territoires à l’ère de l’Anthropocène / Analyse interdisciplinaire des territoires et des mobilisations environnementales

♦ Introduction de la demi-journée par Claude Grasland (Université Paris Diderot), Daniel Boy et Jean Chiche (CEVIPOF-Sciences Po)

♦ Marion Le Texier (Université Paris Diderot) : La médiatisation des tremblements de terre

♦ Claude Grasland (Université Paris Diderot) : La nouvelle carte géopolitique du Monde au prisme des flux commerciaux et des flux médiatiques

♦ Julien Caudeville (INERIS) : Croisement des inégalités territoriales environnementales et sociales de santé : développement des outils d’analyse

♦ Nathalie Blanc (LADYSS) : Étude transatlantique des mobilisations environnementales urbaines et des enjeux de leur visualisation

♦ Sébastien Treyer (IDDRI-Sciences Po) : Mobilisations sociales environnementales en ville : comment donner à voir la capacité de prise en charge ? L’exemple des mobilisations pour les natures urbaines à la Plaine Commune.

Journée d’étude Co2 – 08/04/14

Présentations de la Journée d’étude Co2 – 08/04/14 : 

♦  Introduction de la journée par Marc Robert (Université Paris Diderot)

♦ Pierre Agrinier (IPGP) : La séquestration géologique du CO: des problèmes variés

♦ Daniel Boy (CEVIPOF – Sciences Po) : Représentations sociales du CO2

♦ Henri Waisman et Sébastien Treyer (IDDRI – Sciences Po) : Trajectoires nationales de décarbonation : débats politiques et agrégations entre gaz et secteurs nationaux

♦ Aleksandar Rankovic (IDDRI-Sciences Po & IEES-Paris) : Carbone, nutriments et relations sols-plantes à l’anthropocène

Télécharger le programme en pdf.

Dynamiques des zones critiques et conflits d’urbanisation

 

Comme pour les deux autres épreuves, nous avons choisi de nous placer résolument dans une situation de doute quant au bien-fondé des instruments historiquement mobilisés et qui distinguaient deux systèmes, le Monde et la Terre, en choisissant un cas particulier celui des conflits d’urbanisation, cas idéal de mélange social et naturel. Les outils classiques ne sont pas obsolètes, comme ont pu le croire ceux qui ont annoncé la « fin de la géographie » et l’avènement d’un « monde plat » organisé par des réseaux où se réaliserait enfin la victoire de « l’espace des flux sur l’espace des lieux ». Contrairement aux hypothèses proposées par les plus radicaux de ces auteurs, la période historique de transition entre l’ère industrielle et l’Anthropocène se caractérise moins par une abolition des distances et des limites que par une transformation rapide et une complexification de celles-ci.

Comprendre les territoires de l’Anthropocène impose donc d’hybrider simultanément les concepts et les objets géographiques, en évitant de confondre ces deux dimensions. Même si on sera amené à en rediscuter certains aspects dans le cadre de ce programme, le cadre dit TPSN constitue le socle théorique et méthodologique initial des expériences que nous proposons de développer pour esquisser la cartographie du Monde et de la Terre à l’ère de l’Anthropocène.

Comme pour le cas du CO2, il faut entendre cartographie dans un sens très large qui dépasse la seule visualisation de la surface terrestre et renvoie plutôt à un triptyque « penser-mesurer-représenter» qui n’est pas plus l’apanage de la géographie que d’autres disciplines, hormis le fait qu’il s’applique au dorénavant double objet (système Monde/Terre) dont on peut supposer qu’il dispose de propriétés géométriques singulières susceptible d’influer conjointement sur la dynamique des phénomènes naturels et sociaux. Mais la nature de cette géométrie n’est pas introduite d’emblée comme variable explicative et peut constituer au contraire le résultat de l’analyse. L’objectif est donc de définir une géographie mouvante où les lieux se rapprochent ou s’éloignent selon l’importance des flux qui les relient, où les proximités dépendent à la fois de la nature des flux considérés et même des acteurs qui participent à l’échange. S’il existe déjà une esquisse de ce que pourrait être une telle analyse spatiale des phénomènes sociaux, tout reste à faire pour l’appliquer à l’articulation des phénomènes sociaux et naturels.

Équipe

N. Blanc (géographie, Paris Diderot – co-pilote), I. Dajoz (écologie, Paris Diderot – co-pilote), J. Chiche (statistique, Sciences Po – co-pilote), D. Boy (sciences politiques, Sciences Po – co-pilote), A. Jardin (sciences politiques, Sciences Po), C. Grasland (géographie, Paris Diderot), M. Foucault (sciences politiques, Sciences Po), N. Douay (aménagement, Paris Diderot), R. Le Goix (géographie, Paris Diderot), A. Rankovic (écologie, IDDRI), P. Genet (écologie, Paris Diderot), É. Motard (écologie, Paris Diderot), C. Schmoll (géographie, Paris Diderot), M. Severo (communication, Paris Diderot), J. Gaillardet (géochimie, IPGP), S. Treyer (gestion de l’environnement, Iddri), F. Garlatti (géographie, Paris Diderot), Marianne Cohen (géographie, Paris Diderot), S. Angles (géographie, Paris Diderot), É. Gresillon (géographie, Paris Diderot), Th. Lamarche (économie, Paris Diderot), A. Flahault (santé publique, Paris Descartes), S. Schütte (santé publique, Paris Descartes), O. Borraz (sociologie, Sciences Po), A. Bar-Hen (statistique, Paris Descartes).

Objectifs

AdamLoweTerraFirmaL’étude des gradients centre-périphérie des grandes métropoles est un enjeu majeur du programme, qui postule que la compacité urbaine est un gage de durabilité. La croissance des espaces périurbains a renforcé la dépendance automobile de familles avec enfants. La peur du déclassement social y alimente les votes d’extrême-droite et le ressentiment contre des espaces centraux et péricentraux. Les marges urbaines constitueraient donc des zones critiques sur le plan politique, tout comme elles le seraient sur le plan écologique (mitage des espaces naturels par les lotissements), sur le plan sanitaire (exposition spécifique aux polluants agricoles, éloignement des centres de soin) et sur le plan des réseaux sociaux (importance des lieux de sociabilité virtuels de type Facebook ou Twitter). Nous souhaitons également étudier les formes de mobilisations environnementales en ville (agriculture urbaine, jardins partagés, etc.), où émergent des formes renouvelées d’action collective, de réappropriation du territoire et de prise en charge de l’environnement. Ces nouveaux modes d’attention à l’environnement (stewardship) mettent en jeu tant sa représentation que son gouvernement, et sont l’occasion d’une production de données qui est, conjointement, en prise directe à l’action des habitants et à plusieurs pans de la recherche scientifique, et sont l’objet de compromis ou de conflits entre acteurs.

Méthode

Cette focalisation sur les marges peut toutefois masquer le problème plus général et plus intéressant des continuités ou rupture du gradient d’urbanité le long de transects allant du centre des agglomérations à leur périphérie. Nous nous focaliserons sur l’agglomération parisienne et sa périphérie (bassin parisien s.s.) où nous disposons d’un important corpus de compétences et de données. En nous centrant sur l’espace constitué par le grand bassin parisien et en adoptant une échelle de distance pour définir les anneaux d’observation, nous pensons qu’il est possible de mettre en rapport de nombreuses contributions des partenaires du projet, que ce soit en écologie (travaux sur les marqueurs biologiques type insectes pollinisateurs), en sciences politiques (hypothèse d’une spécificité électorale des marges urbaines), en santé-médecine (hypothèse d’une exposition plus ou moins grande aux risques sanitaires) et enfin bien sûr dans le domaine des sciences de la Terre. Nous souhaitons notamment tester l’hypothèse d’une variation quantitative (profondeur, biogéochimie) mais aussi qualitative (types de modifications de la lithosphère, types de facteurs anthropiques en jeu) de la zone critique, dans le sens que lui donnent les géosciences, selon la position dans les anneaux du gradient d’urbanité, depuis les espaces très anciennement urbanisés (Paris-Centre et ses catacombes), jusqu’aux espaces de grande culture (Plateau de Brie ou de Beauce) en passant par les espaces intermédiaires de l’ancienne banlieue industrielle de Paris et ses zones à forte contamination industrielle. Les données suivantes seront mobilisées : bases de données électorales, données environnementales (accumulation de polluants et biomarqueurs des activités industrielles chez les insectes pollinisateurs, impact sur le service écologique de pollinisation), données économiques et sociales, données des réseaux sociaux numériques, données de transactions immobilières, de santé publique et données de mobilisation associative. Nous souhaitons également étudier ces questions au travers de cas de mobilisations environnementales sur des territoires plus circonscrits.

Crédit photo : Adam Lowe Terra Firma.